Bilan du projet Notes et bougeotte

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La Pocatière, le 15 novembre 2017 – Au terme de 3 années de réalisation, le comité composé de
COSMOSS Kamouraska, de l’École de musique et de danse Destroismaisons et des centres de la
petite enfance (CPE) La Farandole et Pitatou, est fier de vous présenter le bilan du projet Notes et
bougeotte.

Ce projet novateur vise à intégrer, dans les services de garde éducatifs du Kamouraska, des activités
d’éveil musical qui soutiennent le développement langagier et les habiletés sociales des enfants de 3
à 5 ans. Au cours des trois dernières années, les éducatrices en CPE et les responsables de service
de garde en milieu familial ont appris à se familiariser avec les activités d’éveil musical, à les intégrer à
leur routine et, surtout, à les enrichir avec des stratégies visant à soutenir le développement du
langage et la participation des enfants.

Au terme de ces trois ans, des effets positifs ont été observés chez les enfants tant au niveau du
développement des connaissances musicales, du développement langagier que du développement
des habiletés sociales.

Les grands apprentissages réalisés par l’équipe du projet ont été résumés dans un guide qui sera
remis aux participants. Le document servira de base à cette 4e année du projet qui a pour objectif de
favoriser le maintien des activités musicales dans les milieux de garde, au-delà de l’animation
d’ateliers par des enseignantes de musique, et ainsi consolider le transfert aux éducatrices et
responsables de service de garde en milieu familial.

 

 

Résumé des constats de l’évaluation

L’éveil musical est une activité riche et prometteuse pour soutenir les habiletés langagières et sociales
des enfants. Par exemple, en leur offrant des occasions de rythmer des syllabes et de comprendre
les rimes, de soutenir leur attention auditive, de découvrir du vocabulaire propre à de nouveaux
instruments de musique, de bâtir des conversations autour de comptines et d’histoires musicales,
d’exprimer leurs émotions face à différentes musiques écoutées, etc…

Pour ce faire, les participantes ont bénéficié du soutien d’enseignantes en musique de l’École de
musique et de danse Destroismaisons, celles-ci ont animé des ateliers d’éveil musical dans leurs
groupes. Ces ateliers avaient une double visée : faire vivre aux enfants des activités musicales
«enrichies» et familiariser les éducatrices avec ces activités, en ouvrant la discussion afin de les
intégrer à leur quotidien. Les éducatrices ont elles-mêmes été formées par l’orthophoniste locale sur
le soutien au développement langagier et étaient en mesure d’enrichir ces activités de stratégies de
soutien au langage et à l’émergence de l’écrit (ex. : poser des questions ouvertes, expliquer le
nouveau vocabulaire, reformuler ce que les enfants essaient d’exprimer, parler des rimes entendues),
de même que de soutenir la participation de chacun des enfants de leur groupe.

En tout, plus de trois cents (300) ateliers d’éveil musical, auprès de 38 éducatrices et responsables de
services de garde en milieu familial, ont été offerts gratuitement dans les différents services de garde
de la région, principalement dans les installations des CPE La Farandole et Pitatou, ainsi que dans les
services de garde en milieu familial.

Au cours de la troisième année de projet, une évaluation a été effectuée par une équipe de
COSMOSS Bas-St-Laurent, principalement à partir d’entrevues et de questionnaires complétés par
les éducatrices participantes. Les résultats de cette évaluation ont permis de mettre en lumière des
effets positifs de Notes et Bougeotte, tant sur les connaissances et l’aisance des éducatrices dans des
activités d’éveil musical enrichis, que sur la participation des enfants et éventuellement sur leur
développement langagier et social.

Le transfert dans les pratiques des éducatrices a été soutenu par les modèles offerts par les
enseignantes, par la participation actives des éducatrices dans l’atelier et dans le réinvestissement
entre les ateliers. Les éducatrices disent utiliser de nouvelles comptines et de nouvelles activités
(notamment la découverte d’instruments). Elles se disent aussi plus confiantes et outillées pour
aborder l’éveil musical. «Je ne jouais d’aucun instrument et je ne chante pas bien, mais j’ai trouvé
qu’on pouvait avoir une approche musicale sans pour autant être bon en musique.», a dit l’une d’elle.
« J’ai tout aimé dans ces ateliers et les enfants aussi. D’abord parce que ça me fait sortir de ma zone
de confort.», a dit une autre. Il est ressorti de l’évaluation que l’implication ponctuelle d’une
orthophoniste dans le projet, en complémentarité avec l’expertise des enseignantes en musique et
des éducatrices, était nécessaire pour permettre d’enrichir les activités avec les stratégies langagières
ciblées.

Bien que l’évaluation n’inclut pas de mesures du développement des enfants, les participants ont
constaté certains effets chez les enfants. D’abord, les ateliers Notes et bougeotte ont permis aux
enfants de développer leurs connaissances de différentes notions musicales (ex :
crescendo/diminuendo, aigue/grave), de même qu’un vocabulaire précis en lien avec la musique (ex :
noms précis d’instruments de musique). Les ateliers ont également offert des occasions naturelles de
proposer aux enfants des activités soutenant le développement de la conscience phonologique,
précurseur de la lecture. La conscience syllabique, en rythmant des mots et en les découpant en
syllabe a été beaucoup abordée.

De plus, comme mentionné plus tôt, les activités d’éveil musical sont un contexte naturel pour
beaucoup d’aspects du langage et de la communication : selon une éducatrice, « l’enseignante en
musique reprenait des mots, les faisait parler, raconter leur semaine, raconter des histoires, là ils ont
fait un bond ». Bien sûr, il n’est cependant pas possible de constater des progrès importants à court
terme sur le langage des enfants, toutefois, plus leur participation est importante, plus ils arrivent à
prendre leur place dans le groupe, à y exprimer leur idée et à apprendre à jouer avec les mots et les
sons, plus leurs habiletés langagières peuvent se consolider. Une autre éducatrice mentionne au sujet
de la place d’une enfant dans le groupe : « J’ai une enfant, après 5-10 min, elle décroche. Alors
qu’avec la musique, elle restait captivée par cela. […] Maintenant elle répond plus facilement, elle
parle plus, elle joue, elle s’amuse, elle parle en jouant, ce qu’elle ne faisait pas avant.»

Ces résultats de l’évaluation, de même que les grands apprentissages réalisés par l’équipe du projet
au cours des 3 dernières années, ont été résumés dans un document qui sera remis aux participants.
Le document servira de base à cette 4e année du projet qui a pour objectif de favoriser le maintien des
activités musicales dans les milieux de garde, au-delà de l’animation d’ateliers par des enseignantes
de musique, et ainsi consolider le transfert aux éducatrices et responsables de service de garde en
milieu familial. En effet, l’équipe d’évaluation recommande de continuer de renforcer le lien entre
musique, langage et habiletés sociales, de même que le transfert dans les pratiques quotidiennes.

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